La vieillesse.
Souvent
me dit mon fidèle miroir, voyant les fatigues de mon âme, le changement de mon corps, et l'amoindrissement de mon aptitude et de mes forces : Ne te le dissimule plus, te voilà déjà vieux.
En toutes choses le mieux est d'obéir à la nature; car en vain on dispute avec elle : le temps triomphe de notre résistance. Aussi promptement alors que l'eau éteint le feu, je m'éveille d'un
long et profond someil;
Et je vois bien que notre existence s'envole, et qu'on ne peut être plus d'une fois; et au milieu du coeur me résonne une parole
De celle qui est maintenant dégagée de son beau noeud mortel, mais qui pendant sa vie fut si bien unique en ce monde, qu'à toutes, si je ne me trompe, elle a ôté la renommée.
Pétrarque
"Canzonière"