Partager l'article ! Journaux de guerre de Julien Gracq (1940): Répertoire de Livres ...
| Répertoire de Livres | |
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Certains seront déçus, crieront à la trahison des éditions Corti, car pour ce volume de deux inédits de Julien Gracq il n'est nul besoin d'un coupe-papier ; jusqu'à la jaquette en papier glacé qui déçoit. Car le livre est aussi un objet - et que dire de nos bibliothèques, de nos tables et chaises encombrées, de la poussière assoupie là, qu'à défaut nous nous résignerions aux plaquettes tactiles et aux livres numériques. |
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L'inédit lui-même surprend, la fluidité de l'écriture, la précision du trait ne sont pas ici, comme parfois chez Gracq, surchargées. La dynamique de l'écriture rend compte des mouvements de troupe incertains, ou d'une troupe incertaine ? pour nous conduire à Dunkerque. Pour autant ce n'est pas tant le professeur de géographie, sauf peut être ce périple à travers les Pays Bas, que le jeune écrivain qui témoigne ici d'une France peu encline à rejouer "la grande guerre" sauf par quelques attitudes, des poses de l'encadrement militaire. |
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| Sans doute l'idée peut venir d'une comparaison avec le témoignage remarquable de Marc Bloch, "L'étrange défaite", mais celui-ci est l'oeuvre d'une autre génération déjà confrontée à la "grande guerre", davantage une analyse politique et militaire des causes de la défaite que le récit d'une troupe. Non c'est vers le cinéma populaire que l'on serait tenté de rechercher un lien, une illustration du récit, ce "Weekend à Zuydcoote" qui rend compte de l'abandon de la troupe sur les plages de Normandie. | |
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Sans doute aussi le témoignage de Gracq, écrit au ras du front, ne rend pas compte de l'ensemble des combats, bien réels, menés par l'armée française, aussi il convient de renvoyer ici aux travaux d'historiens comme Dominique Lormier qui en rétablissant une vérité que Vichy trouvait avantageux de taire, rend hommage aux "près de 100 000 soldats français (qui) moururent au champ d'honneur en quarante cinq jours de combat ..". |
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Sans doute encore le récit de Gracq, son accueil et sa critique souffriront ils de traiter ici d'un sujet de souffrance pour les patriotes français dans une époque qui déjà met à mal la Nation, peut être est-ce là aussi la raison qui laissa le manuscrit inédit du vivant de l'auteur, mais la vérité dans ses replis contradictoires trouve là un trop beau témoignage pour l'ignorer. |
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