Portrait


Pages italiennes.  

Albert-Londres-L-Equipee-de-G.-D-Annunzio.jpg"les Italiens aiment son éloquence, qui galope comme un quadrige, frappant des images à chaque coup de ses sabots. Ils aiment sa franchise, qui éternue en plein dans les figures, surtout si elles sont de la Société des Nations. Le poète, en Italie, est resté l'être supérieur qui possède la lumière. Les Italiens aiment le halo de la sienne. Qu'il se mette en matche, ils lesuivront. Où ? ils s'en moquent"

 

Au lendemain de la Première guerre mondiale, un homme ébranle l'Italie et fascine les Italiens, Gabriele d'Annunzio, officier de l'armée de l'air et poète.

Succombant à cette fascination, Albert Londres suit de très près la brûlante affaire de Fiume, port de l'Adriatique que se disputent les puissances européennes. Avant même que d'Annunzio décrète la cité "Etat libre de Fiume", le grand journaliste rend compte de l'affaire avec tant de force, qu'il sera licencié du "Petit Journal" sur ordre de Clémenceau."

L'Editeur, Arléa 2010. 

 

Nous voilà aux sources d'une nouvelle thèse sur les origines du fascisme dont je m'étonne qu'elle ait pu échapper à quelques "universitaires casse-croûte" - c'est bien de la poésie qu'est originaire le fascisme ! Baudelaire ou Victor Hugo ? cela reste à déterminer.

Plus sérieusement Albert Londres nous entraine avec lyrisme dans une Italie exangue au lendemain de la guerre, une Italie victorieuse des armées autrichiennes, mais une Italie humiliée dans ses revendications souveraines sur les anciennes provinces de la République de Venise de la côte Adriatique.

L'épopée d'un héros de guerre - car sinon comment comprendre le ralliement de la troupe à son équipée ? - autant que d'un poète. Voilà un "anti-nazi" qui aurait pu faire ombrage à Mussolini, jusqu'à un triste accident, il passe par la fenêtre.

Ensuite ? l'histoire est écrite par les vainqueurs, Mussolini d'abord, les armées anglo-américaines après.  

 

Le 9 août 1918, à la tête de la 87e escadrille de chasse, il effectue un vol de plus de mille kilomètres avec son compagnon de vol Aldo Finzi pour larguer au-dessus de Vienne des prospectus qui disaient :

« Viennois !
Apprenez à connaître les Italiens. Nous volons au-dessus de Vienne, nous pourrions larguer des tonnes de bombes. Nous ne vous lançons qu'un salut tricolore : les trois couleurs de la liberté. Nous autres Italiens ne faisons pas la guerre aux enfants, aux vieillards et aux femmes. Nous faisons la guerre à votre gouvernement, ennemi de la liberté des nations, à votre gouvernement aveugle, obstiné et cruel, qui ne parvient à vous donner ni la paix, ni le pain, et vous nourrit de haine et d'illusions. Viennois ! Vous êtes réputés intelligents. Mais pourquoi donc avez-vous revêtu l'uniforme prussien ? Vous le voyez, désormais tout le monde est contre vous. Vous voulez continuer la guerre ? Continuez-la, c'est votre suicide. Qu'en attendez-vous ? La victoire décisive que promettent les généraux prussiens ? Leur victoire décisive, c'est comme le pain en Ukraine : on meurt en l'attendant. »

Source Wikipedia

NB un tract que le Kommandant des forces de l'OTAN bombardant Syrte (Octobre 2011) aurait pu méditer, si toutefois l'intelligence ne lui faisait défaut. 


Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Publié dans : KIOSQUE
Retour à l'accueil
 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés