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Un ancien Mao, G. Frêche, aurait résumé l'article en peu de mots, "sous-hommes", mais celà aurait été bien peu "diplomatique" pour le lectorat du mensuel de "gôche".
Peuple au bord de l'anarchie et tournant le dos au "progrès" (une hérésie pour ces drôles d'adeptes du développement durable), c'est en ces termes qu'un "philosophe" tente à justifier l'opération coloniale menée au Tibet par "la République populaire (sic) de Chine". Quelques mots pour plaindre le bon colonisateur visent aux sommets du genre,
"les craintes chinoises de tentatives extérieures de déstabilisation du Tibet n'ont rien d'irrationnel." 

 

Les occupants chinois tolèrent au Tibet "une religion dépolitisé" et phrase magique (bling bling) "Le niveau de vie (sic) actuel des Tibétains moyens n'a jamais été aussi bon.." mais évidemment la statistique est absente et n'exclue probablement pas les colons chinois, les fameux commerçants de Lhassa.
Je souhaiterais, pour le sérieux de l'argumentation, que très rapidement le "Monde Diplomatique" puisse publier ces données et les sources car à contrario on pourrait supposer que ces propos sont de pure propagande, émanant sans doute de l'Ambassade de Chine.
   

 

La tromperie est déjà dans le titre, "le Tibet pris dans le rêve de l'autre", pour s'inquiêter ensuite des violences exercées sur les colons chinois qui occupent Lhassa où ils monopolisent le commerce. Inquiêtudes de ce que les Tibétains seraient décidement moins "pacifiques" que leurs homologues Birmans, des regrets d'assassin ou tout du moins de complice.
Dans un geste à la Ghandi, le Dalai Lama avait mis en jeu la démission de ses charges publiques si les violences se poursuivaient, car une opposition existe mettant en cause la stratégie du chef religieux et la lutte contre l'envahisseur chinois produit de la démocratie politique, qui en exil en Inde, et non pas à Londres, génère ses institutions.

 

Mais si "le philosophe" nous reproche de vouloir enfermer les Tibétains dans ce qui seraient nos illusions "New Age", il condamne aussitôt la violence des tibétains contre les colonisateurs qui ailleurs, horreur suprême à ses yeux, pourrait donner de nouveaux arguments à la lutte palestinienne et pourquoi pas sur Jérusalem occupée, ...
Aussi notre auteur se veut rassurant, Pékin compterait aujourd'hui davantage sur le developpement capitaliste, et donc sur l'activité coloniale et ses effets pour parachever la décomposition de la société tibétaine.
Et dans le catalogue des dictatures qui auraient ainsi préparé l'avènement de la démocratie et de la prospérité, voie dans laquelle se serait inscrite la Chine (?), nous trouvons le Chili de Pinochet !

 

L'auteur a des compétences pour la synthèse, son article condense sur une page le catalogue des lieux communs du colonialisme, civilisation et progrès pour les peuples sous développés.
Mais Slavoj Zizek  a la "prudence" de présenter son argumentaire sous forme de réflexions, forme adroite pour une oeuvre de désinformation, mais tentative d'autant plus criminelle qu'elle intervient à un moment historique ou l'opinion internationale peut faire plier la Chine et l'obliger à reconnaître les autorités naturelles du Tibet.
Ou bien ultime provocation pour vérifier si les lecteurs du "diplo" sont toujours vivant ?
IACO, le 17 Mai 2008

  Monde Diplomatique Mai 2008
 

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